Le Voyage de Sir Ernest

Merci, merci, merci

Après avoir été entièrement déshabillé de ses voiles, vidé de quelques centaines de kilos de matériel divers, Sir Ernest est sorti de l’eau pour passer l’hiver au sec. Comme d’habitude. Il s’est déjà lié d’amitié avec son voisin de gauche, un joli bateau en bois moulé verni.

Et nous ? Nous sommes de retour au bord de la rivière. Solenn a pris de chemin du Collège, Mahaut est entrée en 6P, Thibault a fait passer des examens et Joya se retrouve devant son ordi. On s’y fera, à la longue. Faudra bien. Et sinon, ne restera plus qu’à repartir.

Merci à tous ceux qui nous ont suivi, de près et de loin, pendant ce périple. Notamment les enfants de Collex-Bossy et ceux de l’école des Tattes, Pauline, Christine, la famille et toute la compagnie.

Merci aux équipières et aux équipiers:



Anne, entre Gibraltar et Tenerife.
Inti, de Tenerife à la Guadeloupe. Thomas et Jean-Noël de St-Martin à Horta

Merci aussi à Philippe — pour son assistance technique et météo. Et à Pierre, pour l'Iridium.

Et enfin, merci à Thibault — pour... oh, la liste est bien trop longue !



Publié à 12:21, le 26/08/2008, Port-Saint-Louis-du-Rhône
Mots clefs :


Derniers milles en Méd'

Et voilà. Nous sommes de retour en Europe. Derniers milles en images. 

Cela commence par l'arrivée à Tarifa. L'extrémité ouest du goulet de Gibraltar. Passage au moteur, par calme plat. Cela nous change de l'aller, où nous étions arc-boutés sur la barre, chassés par la grande soufflerie du vent d'est. Mauvais souvenirs.



Et voici Tarifa dans le sillage. Entre temps, le jour s'est levé.



A gauche, la côte espagnole.

A droite, le Maroc. Et plus près de nous, les cargos descendants (ceux qui sortent de Méditerranée), bien alignés sur leur rail. A la fin de la nuit, un gigantesque porte-conteneurs dégageait sa route à coups de mugissements rageurs. Faut dire qu'une meute de pêcheurs de toutes tailles s'était élancée dans le détroit, pas le moins du monde intimidée par les réglementations de navigation.



Un banc de brume noir d'encre pour saluer notre retour en Europe.


Le Rocher. Et son nuage de pollution. Nous continuons sans nous arrêter, traversons une zone de brouillard moite et zigzagons entre les cargos au mouillage.

Escale à Cartagena, juste sous le Cabo de Palos. Nous nous régalons de bières, cocas, d'une gigantesque paëlla, de steacks, frites, glaces, granizados et surtout, surtout, d'incomparables chocolats chauds accompagnés de churros. Sans oublier la gentillesse des gens, les vestiges romains, la piscine, la terrasse en teck du Club Nautico et les copains retrouvés.

Quelques jours plus tard, passage des Ilhas Vedras, au sud-ouest d'Ibiza.



Nous retrouvons l'ambiance familière, celle aussi des soucis météo des Baléares. «Allons-nous réussir à rentrer avant que ce coup de vent à fort coup de vent de Mistral annoncé ne se lève ?»

Oui. Juste à temps. A voir le coucher de soleil rouge sang sur Port Napoléon nous sommes contents d'être amarrés au ponton. C'est sûr, nous ne manquerons pas d'air pour désarmer...








Publié à 09:15, le 26/08/2008, Tarifa
Mots clefs :


Plus que...

La place centrale de Porto Santo est ravissante. Pavée de galets noirs et blancs qui dessinent des motifs géométriques, plantées d'immenses cocotiers qui se balancent dans le vent et font de l'ombre. Nous nous installons plusieurs jours de suite à la terrasse de la pastelaria pour y déguster tout ce qui figure au comptoir. A commencer par les fameux pasteis de nata: bien obligés, nous avons décidé de goûter tous ceux devant lesquels nous passerons.
Ici, c'est une vraie place de village. Avec 4 bistrots. Des bancs où les vieux papotent ou somnolent. Et ? Et ?! Du wifi. Il y a même une salle avec dix ordinateurs. Accès gratuit. Oui, oui, vous avez bien lu. Les ados de Porto Santo s'y rendent pour jouer en ligne. Nous en profitons pour scuter la météo et repérer la fenêtre qui nous permettra de passer, enfin, ce fichu détroit de Gibraltar.

Désormais, nous ne disons plus: encore 1500 milles... Du encore nous sommes passés au plus que... Plus que 650 milles avant Tarifa. Après, il nous en restera 800 pour rejoindre Port St Louis.


Publié à 09:09, le 26/08/2008, Porto-Santo
Mots clefs :


Petit détour à Madère

Salut la Compagnie,

Voulez-vous que je vous fasse une confidence ? Je n'ai aucune envie de revenir à Port St Louis. Me retrouver tout seul sur les plots ne m'enchante guère. Vous me connaissez: je ne me laisse pas abattre si facilement. J'ai plus d'un tour dans ma quille de vieux baroudeur. Avec mes potes les Dieux du Large, nous nous sommes donc arrangés pour que le vent souffle juste de la mauvaise direction. Droit depuis Gibraltar. Et mes compétences au près ne sont pas terribles, comme vous le savez. Résultat, après quelques jours de bagarre, une mer formée et beaucoup de dérive, l'équipage a décidé de faire un petit détour par le sud. Par Porto Santo, très exactement, l'île au nord de l'archipel de Madère.


C'est un coin aride, collines pelées qui déclinent toute la palette des ocres avant de se noyer dans une mer turquoise. Très joli. C'est là aussi que Christophe Colomb s'est arrêté, le temps d'épouser la fille du gouverneur avant de s'élancer vers l'inconnu.
Normalement, les bateaux font escale ici au cours de leur descente vers le sud. Mais nous, nous attendons que le vent tourne un chouïa avant de repartir vers le nord-est et les portes de la Méditerrannée.



Publié à 01:15, le 21/07/2008, Porto-Santo
Mots clefs :


Volcan à fleur de terre

A Sao Miguel, pas besoin d'escalader la montagne pour observer l'activité volcanique. Partout, elle jaillit de la terre. Des rivières chaudes, des cascades à 35 degrés, des mares grises où l'eau gargouille à gros bouillons.


A Furnas, la spécialité culinaire, le cozido, est un ragoût cuit sous terre. Un grosse marmite est placées dans un trou d'environ un mètre de profondeur et recouvert de sable. Six heures plus tard, c'est prêt.

Toute cette énergie renouvelable disponible à profusion fait rêver. On imagine les villages chauffés à distance par l'eau de la Caldeira Velha, des pompes à chaleur individuelles, de l'électricité quasi gratuite. Mais il n'existe pour l'instant qu'une seule centrale géothermique sur l'île.



Publié à 01:40, le 11/07/2008, São Miguel
Mots clefs :


Sao Miguel. L'île aux lacs.

Ponta Delgada, capitale des Açores. Nous commençons par tester la marina flambant neuve. Sir Ernest se sent un peu seul, personne à gauche, personne à droite. Sauf... Bajada, un Panda 31. Un bateau sur lequel nous avons navigué il y a bien des années, en Bretagne, entre les Sables d'Olonne et La Forêt Fouesnant. Pour preuve que c'est le même bateau ? Une trinquette estamplillée du célèbre F de Fragnière...

Après cette petite séquence nostalgie, en route pour deux jours de tourisme intensif. Il suffit de faire quelques kilomètres vers l'intérieur de l'île, pour se croire dans le Jura. Sapins, pâturages, vaches, laiteries. Les bords des routes sont rasés de frais par d'innombrables cantonniers armés de tondeuses à fil. Ici, tous les champs et toutes les routes sont ourlées de haies d'hortensias bleus, mauves et blancs en fleurs.

La route sinue de lacs volcaniques en vallées abruptes. Cela n'en finit pas de monter, de descendre et de tournicoter. Paysages à couper le souffle.

Enfin, tout à l'est, accroché à la falaise noire, le phare de la Ponta do Arnel et sa route à 25% qui zigzague jusqu'à la mer. Une poignée de barques y sont tirées au sec sur un quai minuscule. Nous avons préféré ne pas assassiner notre voiture de location et sommes sagement descendus...à pied !



   

 



Publié à 01:25, le 11/07/2008,
Mots clefs :


Whale watching

Horta, Lajes de Pico sur l'île voisine et, dans une moindre mesure, Ponta Delgada à Sao Miguel, sont de hauts lieux du «whale watching». Tous les jours, de gros zodiacs rouges partent en mer, remplis de touristes engoncés dans leur gilet orange. Comment font-ils donc pour voir des cétacés à coup sûr? Ils ne rentrent bredouilles qu'une fois sur dix, affirme le skipper d'une de ces embarcations. C'est d'ailleurs ce que nous constatons aussi à la lecture du tableau d'affichage de toutes les lojas (bureaux) des petites compagnies, nombreuses à se faire concurrence. Quel est leur truc ?

Des guetteurs munis de bonnes jumelles et d'une radio, voici le secret. Et des observatoires, tout autour des îles. Construites à l'époque où la chasse à la baleine était une industrie traditionnelle, ces petites tours rondes ont toutes été rénovées. Les guetteurs, comme à la grande époque, crient à nouveau baleiiiiaaa - ce qui change, c'est qu'ils appellent à la vhf, sur un canal gardé secret - et orientent les pilotes dans la bonne direction.


Un banc de grands dauphins nous escorte à notre départ de Horta

Quand aux anciennes baleinières à voile, elles sont pimpantes et arborent de belles voiles neuves munies des logos de leurs sponsors. Leurs équipages s'entraînent plusieurs fois par semaine. Et en guise de chasse, des régates épiques font désormais s'affronter les meilleurs de chaque île.



Publié à 01:14, le 11/07/2008,
Mots clefs :


Des fresques, partout.

Horta, aussi célèbre pour les fresques ornant les murs et les quais de la marina que pour l'accueil de ses habitants. Chaque bateau qui passe ici laisse une trace. Autant d'histoires, d'aventures, de rêves accomplis, et de promesses de retour...
Petite galerie choisie.

Le logo de Sir Ernest au cours de son
premier passage, en 1996

Et aujourd'hui, en juillet 2008

Et quelques peintures qui nous ont plu, au milieu de tant d'autres...





     

 

 



 



Publié à 08:14, le 5/07/2008, Horta
Mots clefs :


Jolies caravelles

Elles s'appellent caravelas en espagnol et en portugais, méduses à voile ou physalies en français. Nous avons commencé à en voir aux environs des Corner Seamounts, ces montagnes sous-marines à 800 milles à l'ouest des Açores, là où nous avons tourné à droite.
Corolles roses et transparentes, inclinées dans le vent ou gracieusement posées sur l'océan immobile, cet animal est en réalité une colonie. Quatre familles d'organismes hautement spécialisés cohabitent, qui ne peuvent vivre les uns sans les autres.
D'abord le flotteur, celui qu'on voit à la surface et qui a donné son nom à la méduse. Rempli de gaz, il est translucide avec des reflets roses, violets, ou bleus. C'est lui qui assure la mobilité de la bestiole.



Sous l'eau, cachant bien son jeu, la galère portugaise (autre nom que lui donnent les marins) déploie des tentacules pouvant atteindre 30 mètres de long. Rétractables et bourrés de cellules pleines de venin toxique, les nématocystes. La physalie se nourrit de poissons qu'elle paralyse avec ses tentacules puis conduit jusqu'à sa bouche.

Les physalies sont un pic-nique de choix pour les tortues marines et pour certains gros poissons. Voyez-vous celle-ci en train de festoyer ?

Elle n'avait que l'embaras du choix, entre des dizaines de caravelas et des centaines de petites méduses brunes, flottant juste sous la surface de l'eau. Indigestion assurée.



Publié à 03:13, le 30/06/2008,
Mots clefs :


Retour sur une traversée magnifique (2)

Salut la Compagnie,

Demandez-moi mon avis: je suis aussi d'accord. La traversée de retour était magnifique. Et pas seulement pour l'immense variété de nuances de la palette ou pour le petit temps dominant. Grâce aussi aux deux équipiers qui ont embarqué à Saint-Martin .

Voici Thomas, dit Thomato-Ketchup. Sportif, passionné de snowboard, triathlète à ses heures. Un peu montagnard égaré sur la mer au début. Après avoir eu un peu de mal à apprivoiser l'immensité et les vagues, aurait bien voulu subir un gros coup de vent, pour voir. Espoir déçu. Particularité: ne se sépare (presque) jamais de son appareil photo.



Et Jean-Noël, alias Mister Billabong. Equipier idéal. Cuistot très doué, peut-être parce qu'il a toujours faim. Heureux proprio d'un Ipod-touch qu'il prête volontiers lorsqu'il ne l'a pas sur les oreilles. Chante en même temps qu'il écoute de la musique - remarquez, le vent n'en a pas été plus soutenu pour autant. Avis aux superstitieux ! Son expression favorite: «ça déchiiire... grave !»



Publié à 02:19, le 30/06/2008, Horta
Mots clefs :


{ Page précédente } { Page 1 sur 8 } { Page suivante }

Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Où suis-je ?

Ma position



Rubriques


Derniers articles

Merci, merci, merci
Derniers milles en Méd'
Plus que...
Petit détour à Madère
Volcan à fleur de terre

Liens

A Caribbean Blog
Kamoké
Tipaco

Amis